Prendre son pied

Il y a encore peu de temps, le fétichisme des pieds était une particularité sexuelle qui me faisait sourire. Je ne trouvais rien de vraiment érotique chez un pied. Rien qui puisse me troubler ou m’exciter. J’ai lu quelques témoignages sur ce sujet, la plupart émanant d’hommes, et j’avoue avoir été amusée par leurs lettres sans penser qu’un jour, je puisse, moi aussi, tomber amoureuse d’une paire de pieds. Amoureuse n’est pas un terme trop exagéré.

Aujourd’hui, j’ai du mal à comprendre comment j’en suis arrivée à faire une telle fixation sur cette partie de l’anatomie que je jugeais, jusque là, d’aucun intérêt sexuel. C’est pour cette raison que j’ai eu envie de me confier aux lecteurs de cette revue. Il faut d’abord que je vous parle un peu de moi. J’ai 26 ans, je suis célibataire et j’habite à Rochefort, en Charente-Maritime. Après deux années de galère et de chômage, j’ai trouvé un emploi fixe de serveuse dans un restaurant. Sans avoir la prétention de ressembler à un top-modèle, je suis quand même assez fière de mon corps. Je plais aux hommes et j’en ai connu beaucoup. Il m’est arrivé, aussi, d’avoir quelques aventures avec des femmes.

Il y a quelques mois, j’ai fait la connaissance de Sonia. Nous nous étions inscrites, toutes les deux, dans une petite troupe de théâtre amateur. Sonia est une jolie rouquine de 30 ans qui ne cachait pas du tout son homosexualité et avec qui j’ai eu rapidement une liaison. Je ne suis pas tombée amoureuse de ses pieds tout de suite. C’est venu progressivement mais peu à peu, j’ai senti qu’ils m’excitaient autant que ses seins, ses fesses ou sa jolie chatte rousse. J’aimais les regarder, qu’ils soient nus ou chaussés de sandales légères, d’escarpins, de tongues, qu’ils soient cachés sous une paire de socquettes ou gainés de bas. Je prenais plaisir à les caresser, à les masser comme j’aurais pu le faire avec sa poitrine ou son sexe. Je ne pensais pas du tout avoir un comportement fétichiste. Du moins, pas encore. Je croyais que seul le côté esthétique de ses pieds m’attirait. Je les trouvais parfaits, adorables et émouvants ; des pieds fins qui donnaient une impression de grande fragilité avec les chevilles menues et délicates. Sonia vernissait toujours ses ongles et poussait parfois la coquetterie jusqu’à porter une petite chaîne en or autour de l’une de ses chevilles.

J’ai essayé pendant longtemps de cacher à Sonia et de me cacher moi-même, la petite perversion qui était en train d’émoustiller tous mes sens. Je prenais de faux prétexte pour m’occuper de ses pieds : celui de les masser pour la détendre, après sa journée de travail, celui de lui faire essayer de nouveaux rouges à ongles tout en lui demandant de me laisser le soin de vernir ses doigts de pied. Nous prenions souvent un bain ensemble dans sa grande baignoire et, par jeu, nous nous lavions mutuellement. J’éprouvais, chaque fois, un trouble grandissant en passant le gant de toilette ou le savon sur ses pieds. Je m’occupais tour à tour de ses orteils que je traitais avec une infinie douceur. Je me mentais encore en me disant que si j’étais excitée et toute mouillée entre les cuisses, c’était seulement à cause de la situation, toutes les deux nues dans la baignoire. Ensuite, il me fallait faire l’amour avec elle.

D’un autre côté, Sonia semblait appréciait la manière et la grande délicatesse avec lesquelles je m’occupais de ses pieds. Un jour, sa remarque m’a fait rougir quand elle m’a dit :

-« Je n’ai jamais connu une fille qui prenne autant soin de mes pieds. Remarque, c’est très agréable. »

À partir de là, j’ai compris… Et j’ai eu encore plus honte de moi que Sonia s’en aperçoive, qu’elle se rende compte de tout l’effet que me procuraient ses pieds. Je ne pouvais plus tricher, me mentir. Je me suis efforcée de ne plus penser à ses pieds, de les oublier et de ne plus rien manifester à leur égard. Cela n’a fait que renforcer mon désir de les aimer. Les interdire décuplait ma convoitise.

J’ai eu le courage d’en parler à Sonia, quelques jours plus tard. Je lui ai dit, sur le ton de la plaisanterie :

-« Je crois que je suis amoureuse de tes pieds. »

J’étais très anxieuse en attendant sa réponse. Rouge pivoine, aussi. Je ne pouvais plus garder ce secret pour moi toute seule. Sonia m’a souri gentiment. Nous étions nues dans le lit, nous venions …

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